Directrice du Laboratoire Départemental d’Analyses du Bas-Rhin (LDA67)
Le programme de dépistage BVD sur les veaux nouveau-nés a commencé en 2014, à l’initiative du GDS 67, dont 100 % des éleveurs du département sont membres. La technique retenue à l’origine était la PCR sur mélanges de 10 cartilages auriculaires, facturés 5,50 € par bovin. Il avait été mis en place auparavant un « plan virologie BVD à l’achat sur mélanges de sérums » par PCR qui était proposé facultativement aux éleveurs et un « plan de lutte BVD » mis en oeuvre lors de la découverte d’une infection BVD active en élevage.
Le programme de dépistage sur boucle auriculaire est monté en puissance depuis fin 2016, en raison d’une sensibilisation des éleveurs par des actions de communication et par les échanges commerciaux avec les départements voisins, ainsi que par la proximité des pays frontaliers qui ont rendu obligatoire ce type de programme (Suisse, Allemagne). L’augmentation du nombre de prélèvements analysés vient aussi de la participation financière du département.
Le programme n’est pas obligatoire mais proposé par le GDS 67 dont 100 % des éleveurs bovins sont membres, et ceux-ci bénéficient pour les analyses d’un tarif préférentiel (depuis 2016, 50 000 € sont financés par chacun des 10 départements de la Région Grand Est, soit un total de 500 000 €).
Le test de recherche des IPI est réalisé sur biopsie auriculaire pour tous les nouveau-nés par recherche d’antigène viral, prélevée lors du bouclage réalisé par l’éleveur pour l’identification individuelle.
Le Kit ELISA IDEXX Ag/Serum Plus, n’a pas été choisi au départ car le GDS était a priori plus favorable à la PCR. Mais finalement, la prévalence constatée était plus forte qu’estimée, nous avons donc décidé par la suite de passer au test ELISA Ag.
Le bénéfice d’un tel plan est de permettre une commercialisation des animaux en toute sérénité par rapport au risque BVD.
Initialement le choix du LDA 67 et du GDS s’était porté sur la PCR en mélanges de 10. En Novembre 2017 le laboratoire est passé sur l’ELISA IDEXX Ag/ Serum Plus en individuel (en particulier pour une meilleure maitrise des coûts, et à cause d’une prévalence supérieure à celle estimée avant le démarrage du programme).
Les laboratoires pilotes ont testé la PCR et l’ELISA Ag, sur biospies auriculaires. Pour la PCR, les
inconvénients sont les modalités plus contraignantes de préparation de l’échantillon et la nécessité de re-tester chaque échantillon du pool si celui-ci est positif. L’ELISA Ag offre l’avantage d’une plus grande rapidité, d’une préparation plus simple des échantillons et de résultats rendus plus rapidement.
Nous avions choisi initialement la PCR, conformément à l’avis du GDS, mais le labo ne rentrait pas dans ses frais (bilan financier défavorable : beaucoup de main d’oeuvre, taux de prévalence constaté supérieur aux estimations de départ d’où retests des pools positifs plus fréquents que prévus, faisant exploser les coûts).
A l’usage, la reprise nécessaire des pools positifs en PCR engendrait un surplus de main d’oeuvre, des difficultés d’organisation et le délai de résultat pouvait aller jusqu’à 14 jours au total. En comparaison le laboratoire voisin du 68 qui utilisait l’ELISA ne connaissait pas ces inconvénients.
Nous avons donc finalement opté pour l’ELISA IDEXX BVDV Ag/Serum Plus, du fait de la rapidité de rendu des résultats, de la réactivité, de la facilité de mise en oeuvre accentuée par l’utilisation d’un automate, et d’une meilleure maitrise des coûts.
Le process des prélèvements pour ELISA BVDV Ag comprend 4 étapes :
– Réception par la poste, tri par N° de cheptel, ouverture des enveloppes contenant les prélèvements ; enregistrement des échantillons dans le logiciel du laboratoire. Ces opérations représentent un temps plein de main d’oeuvre sur la base de 150 à 180 prélèvements/jour comme c’est le cas au LDA67.
– Ouverture des boucles auriculaires avec un automate séparateur de trocarts
– Tampon d’élution ajouté dans le tube de prélèvement du bouclage et incubation une nuit à température ambiante
– Transfert des échantillons dans la plaque ELISA puis introduction de celle-ci dans l’automate
Les résultats sont transmis au GDS en 4 à 5 jours !
En résumé, trois critères sont en faveur du test IDEXX BVDV Ag/Serum Plus :
– Critères de performance technique en premier
– Facilité, rapidité pour le laboratoire et le client (automatisation, préparation de l’échantillon)
– Coûts financiers maitrisés (moins de besoins de main d’oeuvre).
En moyenne, le technicien constate 1 prélèvement positif toutes les 5 plaques ELISA. Les veaux correspondants aux prélèvements positifs sont prélevés à nouveau 3 semaines à 1 mois plus tard sur prise de sang analysée cette fois par PCR.
Parmi les autres avantages du test IDEXX BVDV Ag/Serum Plus, on peut citer :
– Une meilleure traçabilité : les résultats sont d’emblée individuels
– La rapidité d’obtention des résultats, communiqués en 4 à 5 jours au GDS et à l’éleveur. En PCR, l’analyse en mélanges de 10 impose, lorsqu’un mélange est positif, de retester tous les échantillons initiaux en individuel. Cela perturbe l’organisation du laboratoire et demande un surplus de travail, générant ainsi un délai pouvait aller jusqu’à 14 jours.
– Une meilleure maitrise des coûts, avec moins de main d’oeuvre. La difficulté à appréhender la prévalence réelle dans le département, entraîne une difficulté à estimer le coût réel du dépistage par PCR. Les consommables sont par ailleurs des cônes simples pour l’ELISA alors qu’un matériel plus onéreux est nécessaire pour la PCR.
– L’automate rend directement les résultats, contrairement à la PCR.
– On constate très peu ou pas de résultats douteux en ELISA : forte discrimination avec de francs positifs entre les positifs (DO élevées) et les négatifs (DO très faibles).
– Le test IDEXX BVDV Ag/Serum Plus permet de tester les veaux nouveau-nés sur biopsie auriculaire même en présence d’anticorps maternels et il estvalidé par l’Anses.
Technicienne au GDS62 et co-pilote du plan BVD à la FRGDS Hauts de France (Aisne, Nord, Pas de Calais, Somme)
La situation épidémiologique est contrastée selon les départements, avec des effectifs bovins très différents de l’un à l’autre, les plus peuplés (Nord, Pas-de-Calais) comptant 130 000 naissances par an contre presque moitié moins (76 000) dans la Somme, 71000 dans l’Aisne et 38 000 dans l’Oise.
Au terme de l’année 2018, le taux d’IPI parmi les veaux analysés sur prélèvements auriculaires récoltés au bouclage à la naissance était de 0,6% dans l’Oise et l’Aisne, et entre 0,8 et 0,9% dans la Somme, le Nord et le Pas-de-Calais.
Avant juillet 2018 chaque département gérait la BVD de manière indépendante, avec des plans BVD ponctuels mis en place depuis 10 à 15 ans dans le Pas-de-Calais et dans certains autres départements lorsqu’un résultat d’analyse virologique BVD était trouvé positif sur un ou plusieurs animaux. Une convention était alors signée entre l’éleveur, le GDS et le vétérinaire avec une série de mesures appliquées pendant 2 ans et un financement par le GDS. Le problème était que les élevages concernés se recontaminaient en permanence.
En raison des dégâts occasionnés par la BVD dans les élevages (pathologies, baisse des performances), mais aussi pour anticiper l’arrêté ministériel qui rendra obligatoire en France un plan d’éradication de la BVD et sous l’influence de la zone Eurosanitaire (Grand Est et Franche Comté), un programme de dépistage à la naissance lors du bouclage auriculaire a été décidé en Assemblée Générale par la FRGDS Hauts-de-France le 1er juillet 2018.
Grâce à ce programme les éleveurs ayant signé la convention peuvent qualifier de non-IPIs leurs veaux rapidement après la naissance (résultat de l’analyse virologique BVD communiqué à l’éleveur et au GDS dans un délai d’une semaine après réception du prélèvement au laboratoire) ce qui facilite leur commerce. Par cette analyse les mères des veaux vironégatifs sont également qualifiées.
Les demandeurs de la généralisation de ce programme sont aussi bien les éleveurs touchés par la maladie que ceux indemnes (ou assainis), qui ne veulent pas courir le risque d’une (re)contamination de voisinage ou lors de rassemblements d’animaux. Les éleveurs sélectionneurs sont également très demandeurs de ce protocole.
Au sein de la FRGDS, un comité BVD réunissant un représentant de chaque GDS se réunit tous les deux mois, dans un lieu tournant entre les 5 GDS. Les deux-co-pilotes du groupe sont Mesdames Camille TOP du GDS 62 et Marie PETITPREZ du GDS 02. Le but est d’échanger et d’harmoniser les pratiques entre les 5 GDS.
Le dépistage à la naissance est généralisé et fortement encouragé par le GDS (en l’attente de l’arrêté ministériel) ; il est volontaire par signature d’une convention entre l’éleveur et le GDS, et s’accompagne de la livraison à l’éleveur d’un ensemble de boucles auriculaires pourvues du dispositif de prélèvement et de la pince correspondante. Certains éleveurs ont encore des anciens stocks de boucles d’identification non-dotées de ce dispositif mais les veaux peuvent être prélevés et analysés grâce à un bouton de prélèvement (sur demande au GDS) en attendant l’usage des nouvelles boucles adaptées.
A la mi Février 2019, il y avait dans le Pas-de-Calais 1450 éleveurs engagés dans le dépistage lors du bouclage des veaux, ce qui représente 67,59 % des naissances. Dans la région Hauts-de-France 4180 éleveurs sont actuellement engagés ce qui représente 65 % des naissances.
Aucune surveillance sérologique systématique des troupeaux par recherche des anticorps BVD n’est réalisée dans la région (phase 1 du plan de dépistage : virologie sur prélèvement auriculaire lors du bouclage des veaux, pendant 4 ans environ ; dans la phase 2 de ce plan, l’analyse virologique des nouveau-nés sera progressivement remplacée par un dépistage sérologique par échantillonage). Celle-ci est néanmoins possible à la demande de l’éleveur en sondage sérologique des jeunes animaux, ou par dosage des anticorps BVD dans le lait de tank (réalisé pour tous les ateliers laitiers de l’Aisne depuis dix ans).
La recherche du virus BVD lors du bouclage auriculaire est réalisée par antigénémie ELISA individuelle dans le Nord-Pas-de-Calais et par PCR en pools de 10 prélèvements en Picardie.
Les veaux trouvés viropositifs BVD lors du bouclage et analysés par ELISA Ag (départements 59 et 62 : fournisseur Idexx) sont considérés comme IPI et doivent être éliminés dans les 15 jours après communication du résultat d’analyse aux éleveurs, comme stipulé dans la convention. Une contre-analyse de confirmation n’est pas prévue par les GDS mais reste possible à la demande et aux frais de l’éleveur.
En Picardie (autres départements de la FRGDS) où la PCR est utilisée pour la recherche du virus BVD sur les prélèvements auriculaires, un retest à partir de 5 semaines est proposé, en particulier pour les bouclages positifs avec une valeur de Ct supérieure à 28, pour statuer définitivement sur le statut IPI ou non-IPI des veaux correspondants. C’est l’un des avantages de la PCR : la quantification du résultat par le CT permet une interprétation précise. Cette possibilité de recontrôle est laissée à l’éleveur sous condition d’isolement du(des) veau(x) concerné(s).
[NB : des travaux récents ont aussi montré qu’avec le test antigénémie, plus la valeur de densité optique obtenue était élevée, plus la probabilité d’avoir un IPI était également élevée : pour + d’information, consultez la page 9 de notre brochure en cliquant-ici ]
Le test BVD antigène (ELISA Idexx) utilisé au laboratoire départemental du 62 l’est depuis plus de 10 ans, et a été choisi par lui seul sur la base de ses compétences techniques et des caractéristiques des tests.
Nous sommes très satisfaits de l’ELISA en antigènémie ; les résultats sont disponibles rapidement, ce qui permet de raccourcir le délai de restitution de l’information et d’élimination des IPIs.
L’ELISA est « fiable à 99,99% » d’après les propos de notre laboratoire, avec une très forte valeur prédictive pour que les animaux détectés viropositifs par ce test soient effectivement des IPIs. Ainsi nous ne faisons pas de recontrôle et tout animal détecté positif est considéré comme IPI et doit être éliminé dans les 15 jours suivant la communication du résultat (contre-analyse possible à la demande et aux frais de l’éleveur). Le fait que nous ne faisons pas de recontrôle raccourcit d’autant le délai d’élimination.
Nous utilisons le test BVD Ag Serum Plus d’IDEXX sur cartilage auriculaire en dépistage sur les veaux naissants, en recherche d’antigènémie sur le sang d’animaux introduits ou lors de mouvements de bovins et en reprise individuelle des mélanges de 10 sur sang en PCR
L’ELISA antigène Idexx est utilisée au laboratoire départemental du Pas-de-Calais depuis plus de 10 ans.
Ce test a été choisi pour :
1- une question d’organisation du laboratoire et un délai de rendu des résultats court et maitrisé
2- sa fiabilité (« 99,99% de positifs lors de recontrôle d’un animal positif »)
3- sa simplicité d’interprétation des résultats (positif ou négatif : seuil d’interprétation plus complexe pour la PCR)
4- Sa robustesse en raison d’une bonne stabilité des prélèvements vis-à-vis de ce test (prélèvements reçus au-delà de 15 jours refusés pour analyse par le laboratoire en accord avec les données disponibles pour la PCR pour laquelle la durée de conservation des prélèvements est plus courte que pour l’ELISA).
Notre appréciation sur ce test est très bonne, il ne pose pas de problème sur le terrain.
L’expérience des éleveurs et leur avis est pour nous importante; par exemple, un veau positif au bouclage avait été trouvé négatif au recontrôle mais cette dernière analyse s’est avérée avoir été faite sur sang en présence d’anticorps maternels que l’on sait pouvoir masquer la détection de l’antigène BVD. Ce n’était pas une faille du test de dépistage auriculaire, qui présente l’avantage de ne pas être affecté par les anticorps colostraux, et nous avons pu l’expliquer à l’éleveur.
Il existe une prise en charge financière dans tous les départements de la FRGDS, elle se monte entre 2,00€ et 2,35€ payés par le GDS par veau analysé, environ 3,00€ restant à la charge de l’éleveur adhérent (95% d’éleveurs adhérents au GDS dans le 62). Coût de l’analyse 4,5€ et coût de la boucle de prélèvement 1,10€ ; des économies d’échelle pourront sans doute être réalisées selon l’évolution du nombre d’analyses réalisées.
L’acte d’euthanasie des veaux dépistés IPI est remboursée au montant de 60€, couvrant largement son cout par rapport aux tarifs vétérinaires habituellement pratiqués.
Le Conseil départemental du 62 et le GDS financent à parts égales (50% / 50%) la prise en charge. Des soutiens financiers des Conseils Départementaux existent aussi dans d’autres départements de la région.
Nos objectifs actuels dans le Pas-de-Calais s’expriment en % de naissances dépistées : un objectif de 30% avait été émis pour fin 2018 et nous avons terminé l’année à 58% ; l’objectif 2019 est de 70% et nous avons déjà avec les naisseurs engagés mi-Février un potentiel de presque 68% des naissances dépistées. L’objectif est de porter ce taux à 100% en 2020.
Il est difficile de prévoir et de fixer des objectifs en terme de disparition des IPIs au cours du temps car les derniers éleveurs engagés ne seront pas forcément sains et risquent d’être moins motivés.
La publication de l’arrêté ministériel qui rendra obligatoire la mise en œuvre en France d’un plan d’éradication de la BVD permettra d’avancer plus rapidement et plus sereinement. Il était important pour nous d’anticiper afin que nos adhérents et les éleveurs engagés ne perdent pas de parts de marché.
conseiller sanitaire d’élevage au GDS des Ardennes, avec comme mission principale la gestion de la BVD
Actuellement, le taux de positifs parmi les veaux dépistés systématiquement sur prélèvement auriculaire à la naissance depuis mai 2018 dans le département des Ardennes est de 0,5%. Les sondages sérologiques effectués sur de jeunes animaux « sentinelles » dans tous les élevages du département au cours de la campagne 2016-2017 avaient mis en évidence que 16% des élevages étaient infectés par le virus BVD.
Dans les années 2000 des plans d’assainissement individuels BVD étaient mis en place dans les élevages infectés, avec un accompagnement technique et financier, dans un rôle de « pompier », trop tardifs par rapport à la cause du problème et sans aucun effet sur l’épidémiologie de la maladie à l’échelle du département (taux d’incidence constant d’année en année).
En 2011 deux axes ont été mis en œuvre pour mieux gérer la BVD :
• Des contrôles BVD à l’introduction ont été établis sous forme de « PCR inter-troupeaux» sur sang (mélanges de 20 prélèvements d’animaux, quel que soit l’élevage d’origine et l’élevage destinataire), avec une prise en charge à 50% par le GDS sur une base volontaire (4000 à 6000 introductions testées sur un total annuel de 20 000).
• Une procédure de sondage anticorps des élevages sur des sentinelles (sérologies individuelles) a été testée pendant 1 an avec un cabinet vétérinaire chez ses clients volontaires (sérologie sur 10 animaux âgés de 6 à 18 mois).
Depuis janvier 2012 une surveillance sérologique BVD de tous les élevages laitiers a été mise en place par dosage périodique des anticorps dans le lait de tank (3 contrôles par an).
A partir de la campagne sanitaire 2012-2013, le protocole « sentinelles » a été proposé à l’ensemble des éleveurs adhérents du département et promu par les cabinets vétérinaires. La première année a été encourageante avec la participation de 400 élevages sur un potentiel de 1700. Cette procédure « sondage sentinelles » s’est étendue et poursuivie les années suivantes, toujours sur la base du volontariat et a démontré une extrême efficacité dans la surveillance de l’infection et la découverte des foyers.
En septembre 2013 le dépistage des IPIs par virologie sur bouton auriculaire (3ème boucle posée en plus des 2 boucles d’identification) a été introduit et testé dans les élevages infectés.
Lors de la campagne 2016-2017, nous avons re-dynamisé la communication sur cette action afin de mobiliser l’ensemble des élevages du département, à l’exception des laitiers purs, régulièrement contrôlés négatifs dans le lait de tank. Lors de l’extension de la surveillance anticorps sur animaux sentinelles, une évolution notable a été apportée dans le protocole technique avec un passage à la sérologie en mélanges de 10 en première intention. En effet, considérant que plus de 60 % des élevages présentaient des sentinelles individuelles négatives les années précédentes, le recours au mélange avec une reprise individuelle des mélanges positifs était économiquement plus intéressant.
Depuis mai 2018, nous avons mis en place le plan d’éradication des GDS commun à toute la zone Sanitéa. Ce programme consiste en un dépistage systématique sur les veaux naissants par analyse virologique des prélèvements de biopsie auriculaire récoltés lors de l’identification individuelle.
L’harmonisation des pratiques dans le cadre de la régionalisation et de la création du GDS Grand Est a été un facteur important, de même que l’exemple des pays voisins (les précurseurs) et notamment de la Suisse mais aussi surtout de la Belgique toute proche. Les GDS du Grand Est n’ont pas mis en place le programme d’éradication en même temps, du fait de contraintes départementales. Depuis 2018, tous les départements sont engagés.
L’éradication de la BVD s’est avérée une nécessité pour nos élevages tant sur le plan économique que pour pouvoir continuer à exporter demain.
Nous avons opéré un changement de stratégie : nous étions dans un plan de maitrise de la maladie, avec son lot d’inconvénients : coût de la gestion, risques de ré-infection, gestion du pâturage… Nous sommes dorénavant engagés dans un plan d’éradication de l’infection BVD sur notre territoire.
L’Action Collective BVD 2012-2017 (aussi appelée Plan Collectif de Réduction de l’Incidence dans d’autres départements du Grand Est) a eu pour but d’anticiper l’arrêté ministériel, de préparer le programme d’éradication et ainsi de réduire les coûts pour les éleveurs.
Le GDS des Ardennes est membre de la FRGDS Champagne-Ardenne, du GDS Grand Est et du GDS Sanitéa soit 19 départements (ancienne zone Eurosanitaire).
Le référentiel technique BVD est identique pour tous les GDS Sanitéa.
Un comité technique BVD existe au sein de Sanitéa avec un représentant pour chaque département, avec notamment Cédric Chapuis, Vincent Poteaufeux et Laurent Foures, directeurs respectivement des GDS 25, 88 et 55, qui ont été particulièrement actifs.
Un groupe budgétaire existe également, dont a fait partie Yohann Sommé, pour la construction financière du programme. Le département de la Moselle et celui des Vosges démarrent la 2ème phase du programme (surveillance sérologique).
Le comité de suivi se réunit autant que de besoin, selon l’avancée dans le programme des différents départements.
Le plan de lutte contre la BVD est en systématique dans tous les élevages car nous parlons d’éradication et il est impératif que tous les éleveurs adhérents soient volontaires.
Au niveau des analyses, le laboratoire vétérinaire départemental des Ardennes ne proposait pas avant 2014 la recherche de l’antigène BVD sur biopsie auriculaire.
Les prélèvements des Ardennes étaient acheminés au laboratoire de l’Aisne qui effectuait cette recherche par PCR sur mélanges de 10 de biopsies.
A partir de 2014 le laboratoire des Ardennes a proposé la réalisation de virologies BVD sur biopsies auriculaires, et la méthode ELISA a été préférée car elle représentait à coût constant un optimum technique.
Le programme d’éradication prévoit que tout animal dépisté positif en ELISA antigène sur biopsie auriculaire doit être re-contrôlé ou éliminé dans un délai d’1 mois après notification du résultat à l’éleveur par le GDS. Les bovins concernés encore présents sont systématiquement recontrôlés à 5 semaines d’intervalle afin de valider leur statut vis-à-vis de la BVD.
Lors de mise en évidence d’une infection BVD en élevage, tous les bovins de moins de 24 mois sans statut BVD sont contrôlés en PCR sur sang (mélanges de 20 prélèvements), avec reprise des mélanges positifs en virologie ELISA individuelle.
Depuis la mise en place du dépistage sur les veaux, les contrôles BVD à l’introduction sont toujours fortement conseillés (risque de « virémiques transitoires »).
Le choix du test BVD antigène en faveur de l’ELISA Idexx est issu d’un consensus entre le GDS et le laboratoire départemental des Ardennes.
Le GDS porte une attention particulière aux coûts des analyses pour les éleveurs.
Le test ELISA représentait un optimum technique par rapport à la PCR.
Le choix pour l’ELISA sur biopsie auriculaire, en 2014, a permis aussi au laboratoire vétérinaire départemental de se différencier (les laboratoires des départements voisins pratiquaient la PCR) et de lui donner des perspectives afin de pouvoir perdurer.
Les aspects financiers sont importants pour les éleveurs, pour le GDS mais aussi pour le laboratoire et le Conseil Départemental. En parallèle aussi les critères techniques, indispensables à la fiabilité du travail engagé.
L’ELISA est la méthode de dépistage virologique la plus rapide et la corrélation du signal avec le statut IPI ou non IPI de l’animal testé est très forte.
Le Conseil d’Administration du GDS des Ardennes a fait le choix de faire office de tiers payant. L’ensemble des factures liées à la BVD est adressé au GDS08. Le GDS08 envoie une fois par an aux éleveurs une facture « PACK BVD » de 8€ HT par bovin dépisté. Cela comprend le surcoût de la boucle de prélèvement, l’analyse sur biopsie auriculaire, l’analyse de re contrôle (prélèvements non négatifs ou non analysés), les analyses d’assainissement du pré-troupeau (élevages infectés), les aides à l’élimination des IPI, la gestion informatique etc…
Le Conseil Régional est partenaire des GDS donc des éleveurs du Grand Est, et prend en charge 1€ par boucle préleveuse commandée (directement déduit du Pack BVD). En 2018, le GDS des Ardennes a pris en charge 3€ directement déduits du pack BVD pour les éleveurs adhérents, soit un reste à charge de 4€ HT par boucle préleveuse commandée. En 2019, le Conseil d’Administration a validé d’augmenter cette prise en charge à 4€, soit un coût de 3€/veau pour les éleveurs.
Nous utilisons le test Idexx BVD Ag/Serum Plus :
– Sur cartilage auriculaire en dépistage sur les veaux naissants
– En recontrôle des non négatifs, quel que soit le contexte (sur le sang)
– En recontrôle des non analysés (sur biopsie auriculaire).
– En reprise individuelle des mélanges de 20 positifs sur sang en PCR
Ses principaux avantages sont :
• la rapidité d’obtention du résultat (analyse individuelle) qui permettra très rapidement de mentionner le statut « BVD : bovin non IPI » sur l’ASDA de naissance du bovin.
• Le confort de l’analyse par rapport au vieillissement des prélèvements lors de réception tardive au laboratoire (données ANSES en comparaison avec la PCR présentées à la Journée de la référence en Novembre 2018).
• L’élution longue : le kit permet maintenant un trempage de 72h validé par l’ANSES, ce qui permet un peu plus de flexibilité et notamment la mise en analyse de prélèvements reçus le vendredi. Ainsi le LDA 08 analyse les biopsies auriculaires tous les jours de la semaine ce qui permet de traiter tous les prélèvements dès leur jour de réception.
Actuellement, le taux de viropositifs parmi les veaux naissants dans le département des Ardennes est de 0,5%. Les sondages sérologiques effectués sur de jeunes animaux « sentinelles » dans tous les élevages du département au cours de la campagne 2016-2017 avaient mis en évidence que 16% des élevages étaient infectés par la BVD. Beaucoup de progrès ont déjà été réalisés.
Nous avons moins d’une année de recul depuis la mise en place du dépistage systématique à la naissance mais nous sommes optimistes pour l’avenir. Nous recommandons la vaccination des femelles reproductrices, largement promue et mise en place dans le département, et l’adhésion des vétérinaires au programme d’éradication.
Au niveau régional, nous sommes au cœur d’une zone Sanitéa ; l’ensemble des départements du Grand Est et des Hauts-de-France ont mis en place le programme d’éradication. Les pays frontaliers sont déjà très avancés dans leur programme d’éradication (voire l’ont terminé) ; l’environnement est donc très favorable.
Le programme va être très efficace grâce aux mesures d’accompagnement mises en place dans les élevages très impactés et grâce au caractère obligatoire d’un programme d’éradication de la BVD qui va bientôt entrer en action.
Responsable technique santé animale et génétique moléculaire et responsable qualité du Laboratoire Départemental de la Nièvre (LDA 58)